THIS WAY UP #6 : PUNK DCP v2.0

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>> Jim Dummett Directeur de Cinebox | @cinebox

Jim Dummett est le développeur de Cinebox, un outil de gestion de films dédié aux festivals de court-métrages. L’histoire de Cinebox commence en 2014, alors que Jim Dummett est le manager technique du London Short Film Festival : « Un énorme festival avec 450 films, pendant 10 jours, installé dans 4 lieux, des cinémas principalement équipés en DCP et quelques lieux temporaires (pop-up) ». Avec une qualité des films reçus variant de productions professionnelles à des films tournés sur un Iphone, comment faire pour préparer 450 films de formats différents dans des cinémas n’acceptant que des DCP en si peu de temps et avec un budget réduit ? « Ce que j’ai essayé de faire c’est de connecter le monde de l’informatique et du cinéma pour rendre nos vies plus simples ». Chaque film exigeant la répétition des mêmes étapes de réception, vérification et encodage, Jim Dummett a cherché à automatiser le processus en développant une plate-forme dédiée.

Ce que j’ai essayé de faire c’est de connecter le monde de l’informatique et du cinéma pour rendre nos vies plus simples.

La plateforme Cinebox est composée d’une interface utilisateur pour les équipes de film et d’une interface technicien. Lorsque les réalisateurs se connectent sur la plateforme, ils doivent remplir un premier questionnaire avec la durée du film, la langue de l’audio, la présence de sous-titres et une dernière question ouverte pour permettre de préciser tout autre information utile. Lorsque le film a été testé, ces informations sont directement envoyées aux lieux de diffusion prévus pour que les projectionnistes sachent quel film ils vont recevoir. L’étape suivante porte sur le système de livraison et propose d’envoyer le film via un DCP ou via un fichier vidéo. Cinebox propose ensuite d’acheter le DCP réalisé pour le festival s’ils le souhaitent. Enfin, le lien de téléchargement du film est demandé.

Du côté du technicien, le site web offre une vue d’ensemble de tous les films, permettant à tout instant de savoir quel est leur statut : jaune pour les films traités correctement, rouge pour ceux qui nécessitent une intervention. « Ce site est une base de données qui tourne sur un cloud. Nous avons aussi un lot de machines à Londres, allumées 24h/24h pour traiter les fichiers et fabriquer les DCP. Le site envoie des commandes directes aux machines et nous pouvons consulter la liste des travaux en cours dans un onglet spécifique. » Le logiciel s’occupe automatiquement de la réception du film, de la vérification du fichier et de la création du DCP final avec DCP-o-matic. « Lorsque tout ce processus est terminé, la machine sait quel lieu montre quel film, copie ces fichiers pour chaque lieu sur un disque dur qu’il ne reste plus qu’à envoyer au cinéma. »

Cinebox

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Jim Dummett veut développer cet outil pour d’autres festivals car il peut leur permettre de gagner un temps précieux. «J’aimerais le commercialiser à un coût abordable. Je veux encore rendre ce logiciel plus robuste mais il fonctionne déjà très bien. L’idée à terme pourrait être de créer un système de management complet pour les festivals. Je cherche encore des retours et des bêta-testeurs pour que l’on apprenne de nos expériences communes. »

Jim Dummett conclut sa présentation avec des recommandations pour la gestion technique des films dans un festival :

  • « Ne pas s’embarrasser à demander au réalisateur quel est le format de son film » car il est plus simple de vérifier directement les informations techniques sur le fichier que de corriger les erreurs des réalisateurs qui n’ont pas nécessairement les compétences.
  • « Être tolérant sur le format de livraison du film » et demander simplement la plus haute qualité de fichier car il est plus long d’échanger de nombreux emails pour expliquer à certains réalisateurs comment procéder eux même. Pour les transferts de fichiers, Jim Dummett préconise l’utilisation d’internet « Vous n’êtes pas obligés d’utiliser des disques durs, il est plus facile de simplement télécharger des liens et cela vous évitera d’avoir à renvoyer tous ces disques durs à la fin du festival ».
  • « Être intraitable sur la méthode de livraison » : au London Short Film Festival, ils acceptaient seulement l’envoi par disque dur, par We Transfer ou Mega. En réduisant les options à quelques choix, ils pouvaient maîtriser parfaitement ces méthodes de transfert et recevoir correctement tous les fichiers.
  • « Centraliser la gestion » car il est plus simple de tout recevoir et traiter dans un seul endroit pour les envoyer ensuite dans chaque lieu de diffusion.
  • Prévoir du temps additionnel pour gérer les problèmes : « Quand vous avez un volume important de fichiers, les choses se passeront mal. Par exemple, sur 450 films reçus, certains étaient corrompus. »