On parle de nous dans Côté Cinéma

cotecinema2UN TOUR DE FRANCE PAR CI, UN TOUR D’EUROPE PAR LÀ
Par Amandine Fournier sur Côté Cinéma
N° 285

Côté Cinéma: D’où vous est venu l’envie d’entreprendre ainsi successivement ces tours de France et d’Europe des salles de cinéma?

Mikael Arnal et Agnès Salson: L’idée de départ, quand nous nous sommes lancés, c’était de recueillir des idées qui nous inspiraient chaque fois que nous visitions un cinéma, pour notre future salle. Nous nous sommes dit que tant qu’à le faire pour nous, autant le partager avec tout le monde sur un site Internet, dans l’espoir que cela serait utile à d’autres. Les retours ont été positifs et nous avons décidé de faire un tour de France pendant l’été 2014, qui a donné lieu à l’écriture d’un livre « Rêver les cinémas, demain ». Après avoir parcouru la France, qui reste un territoire singulier dans le paysage de l’exploitation européenne, nous voulions découvrir comment les cinémas vivent et naissent dans des pays en crise, ou dans des économies et politiques culturelles différentes des nôtres.

C.C. : Ce projet a-t-il été l’occasion de faire part de vos propres réflexions sur la salle aux exploitants rencontrés?

M.A. & A.S. : Lors de nos entretiens, nous nous positionnions plutôt en oreille attentive. Nous nous sommes nourris de leurs histoires et de leurs idées pour dresser un portrait de la direction que prend l’exploitation et pour construire petit à petit la vision de notre future salle qui répond aussi à nos propres désirs. C’est la rencontre des idées qui fut enrichissante.

C.C. : Concrètement, comment s’est organisé ce tour d’Europe et comment avez-vous procédé au choix des lieux visités?

M.A. & A.S. : Avant le départ, nous avons passé plusieurs mois à réunir les financements et préparer la logistique de notre voyage en parallèle de nos activités. L’approche pour le choix des salles a été la même que pour la France, en allant voir les institutions pour faire un premier choix, puis tenter d’élargir la sélection à des salles moins identifiées à travers des recommandations d’exploitants, mais aussi grâce à des commentaires sur notre page Facebook.

C.C. : Selon vous, existe-t-il une réelle différence d’approche de la salle et de son fonctionnement selon la culture et la géographie?

M.A. & A.S. : Oui et non. L’environnement économique et culturel d’un pays influence l’approche et les idées mises en place, mais globalement, il y a un désir de voir les films en salle et de vivre cette expérience com- mune qui est présent partout, qu’il s’exprime par la naissance de salles sous forme de coopératives, de cinémas sauvés par les habitants, de lieux occupés ou encore de « Community Cinemas » construits et gérés par les habitants d’un quartier, partout où les salles avaient disparu, elles renaissent sous une forme nouvelle. Ce qui est le plus frappant c’est combien les générations étant nées avec internet fabriquent une approche de la cinéphilie et de l’expérience en salle décomplexée et ludique.

[lire la suite dans le n°285 de Côté Cinéma]