Social & Solidaire

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♥ Financer un cinéma grâce au crédit coopératif [NOUVEAU]

Pour lancer son cinéma, l’équipe du Numax à Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne) a décidé de privilégier une solution alternative aux banques, une coopérative de crédit qui permet de faire garantir un prêt par des tiers. Ouvert en mars 2015, ce cinéma est organisé sous la forme d’une coopérative de travailleurs sans but lucratif où cohabitent une salle de cinéma, une librairie, un café et un laboratoire de création graphique et vidéo. Pour financer leur projet de création de salle en plein cœur du centre-ville, ils ont fait appel à leurs futurs spectateurs par le biais d’une campagne publique. Ce sont 182 personnes qui ont répondu à l’appel, permettant au Numax d’obtenir le crédit nécessaire à la mise en place du projet en se portant garant pour une somme allant de 1000 à 5000 €. C’est grâce à leur réseau à Saint-Jacques-de-Compostelle et leur forte relation avec la communauté qu’ils sont arrivés à mettre en place ce projet. Même si beaucoup des garants viennent d’ailleurs dans le monde, 80% sont des locaux.

♥ Organiser des opérations de crowdfunding [NOUVEAU]

Lors de la création de leur projet, certains cinémas se tournent vers des plateformes de crowdfunding pour compléter le financement de leur cinéma.

Le PostModernissimo à Pérouse (Italie), ancien mono-écran, a été repris par quatre amis et passionnés de cinémas qui se sont associés pour le ré-ouvrir. Ils ont dû créer deux salles supplémentaires pour rendre le cinéma viable économiquement, remettre le lieu aux normes et s’équiper de nouveaux projecteurs numériques. Le projet s’est élevé à 400 000 €. Ils ont créé une coopérative où chacun d’entre eux ont apporté un premier capital de 15 000 €. Ils ont obtenu un prêt via des fonds régionaux pour les jeunes entreprises dédiées à la restructuration de lieux historiques et ont décidé d’impliquer toute la ville dans la réouverture du cinéma. Dès le début des travaux durant l’été 2014, ils ont lancé une campagne de crowdfunding afin de bâtir une communauté autour du futur cinéma. En échange de leur engagement (de 10 € à 1000 €), les participants ont reçu des cartes d’abonnement, des totebags, des tee-shirts à l’image du cinéma. Un espace d’accueil temporaire a été installé dans le cinéma pour recevoir le public : les futurs spectateurs passaient simplement pour les féliciter et leur demander s’ils tenaient le coup. En quelques mois, 25 000 € ont été récoltés. En parallèle de cette collecte de fonds, ils ont lancé un nouveau statut d’actionnaire offrant la possibilité à quiconque de devenir associé du cinéma en échange de la somme de 100 €. Ce statut permet de participer à la vie du cinéma dans des assemblées régulières. Ce sont plus de 70 personnes aux profils variés -lycéens, étudiants, cinéphiles, retraités- qui sont aujourd’hui associées au cinéma.

 

Le Wolf Kino à Berlin (Allemagne) a lancé au mois d’avril 2015 une campagne de crowdfunding sur la plateforme KissKissBankBank pour récolter 50 000 €. En seulement 60 jours, 663 personnes se sont unies pour donner 54 741 €. En échange du soutien apporté, Wolf Kino proposait des contreparties diverses : devenir membre à l’année, une location privée du cinéma, des plaques personnalisées dans le cinéma, des sweat-shirts, des éditions limitées de DVD, les noms des contributeurs sur le site internet, la projection d’un court ou d’une publicité au choix en avant-séance. Leur financement global n’étant pas encore bouclé, le crowdfunding leur permettait de bénéficier d’un support financier crucial mais d’autres raisons étaient avancées : un moyen de faire parler du projet bien avant son ouverture, mais aussi de rester le plus indépendant possible. Ils profitent aussi de cette campagne de financement pour faire un appel à quiconque souhaiterait soutenir le cinéma en apportant ses compétences : « Si vous êtes statisticien, électricien, expert de l’acoustique et de l’isolation… Ou que vous souhaitez nous donner un coup de main qui nous permettrait de réduire les coûts engendrés par les travaux, n’hésitez pas à nous contacter, nous nous réjouissons par avance de votre soutien ». Verena Stackelberg, la fondatrice du projet, a aussi organisé une série événements en parallèle pour promouvoir la campagne.

 

En 2014, le Kino Pod Baranami à Cracovie (Pologne), a réalisé une campagne de crowdfunding pour le Festival de Films Muets de Cracovie (Festiwal Filmu Niemego) : 85 personnes ont participé, et ils ont collecté 5874 zl (soit l’équivalent d’environ 1350 €). Selon les organisatrices du festival, c’était un moyen de voir si les gens seraient intéressés par le projet mais aussi de promouvoir cet événement.

♥ Des fêtes pour lever des fonds [NOUVEAU]

Certains cinémas organisent des fêtes pour lever des fonds, un moyen de créer un lien direct avec les communautés. Pour l’inauguration de leur cinéma, Il Kino à Rome (Italie), a organisé une fête avec les habitants du quartier, leurs amis et futurs spectateurs. Plus de 3000 personnes s’y sont rendues. Depuis, tous les trimestres, ces fêtes qui servent à financer les activités du lieu sont devenues des événements incontournables où se mêlent projections et concerts. Au cinéma PostModernissimo à Pérouse (Italie), une fête de fermeture du cinéma clôt chaque saison avant les vacances annuelles

Energie renouvelable

CinéCiutat à Palma de Majorque (Espagne) a décidé de se fournir exclusivement en énergie solaire produite localement.

♥ Tickets solidaires 

Connaissez-vous le principe des cafés en attente ? Il s’agit d’une action solidaire qui s’est développée pendant la crise économique à Naples. Lorsqu’ils commandent un café, les clients peuvent en acheter d’autres et les « mettre en attente ». Concrètement, ils les prépayent pour que les moins fortunés puissent aussi partager ce moment de convivialité. Au Pays basque, le cinéma Itsas Mendi à Urrugne (France) a choisi d’adapter cette idée : les spectateurs peuvent acheter des tickets de cinéma en attente. L’exploitante se charge de les redistribuer par le biais d’associations sociales et solidaires locales. Dans la banlieue toulousaine, le cinéma Véo à Muret (France) a lancé le ticket solidaire selon le même principe. De nombreux autres cinémas ont lancé ce concept un peu partout en France et en Europe.

♥ Payer sa place de cinéma en échange d’un gâteau fait maison

Payer sa place de cinéma en échange d’un gâteau fait maison est désormais possible au cinéma Luxy, à Ivry (France), en banlieue parisienne. Lors des séances Ciné- thé qui ont lieu chaque vendredi en début d’après-midi, la place est offerte aux cuisiniers. Après la projection du film, un temps d’échange autour des boissons chaudes et des gâteaux confectionnés par les spectateurs est organisé avec l’équipe du cinéma. Le modèle de cette séance permet de réinventer le rapport entre l’équipe d’une salle et ses spectateurs.

♥ Bibliothèque partagée

Dans les halls des salles de cinéma, des espaces ont été créés pour permettre le partage d’objets culturels (livres, CD, DVD, jeux de société, etc.) sous la forme de niches d’échanges. Les spectateurs peuvent y déposer leurs coups de cœur pour les faire découvrir à d’autres. Au cinéma Eldorado de Dijon (France), nous avons observé une variante de l’idée : une bibliothèque éphémère liée à la programmation du cinéma afin de découvrir en profondeur le travail d’un artiste.

♥ Espace cybercafé gratuit

La mise à disposition d’un accès Wi- Fi gratuit et d’un ordinateur (ou plusieurs) permet à la salle de s’ouvrir aux voyageurs ainsi qu’aux habitants sans connexion web. Au Cinéma de Contis (France), une salle Internet a vu le jour dès la fin des années 1990, permettant aux jeunes du village de se réunir et de jouer en réseau. Désormais, trois postes informatiques sont installés dans le bar du cinéma : les vacanciers des quatre coins du monde s’y rendent quand bon leur semble pour consulter leur messagerie et se faire une toile.

♥ Piano en libre-service

À l’instar des gares et de nombreux lieux publics, nous avons noté la présence de pianos en accès libre dans certains halls ; citons le cinéma Utopia à Tournefeuille, le Capitole à Uzès et le cinéma Jean Eustache à Pessac (France).

♥  Accueil d’une AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne)

Les cinémas Utopia à Bordeaux (France) et le Comoedia (France) à Lyon sont des relais pour les AMAP : ils invitent les producteurs locaux (dans un rayon de 100 km à la ronde) à vendre leurs produits (paniers de légumes de saison, miel, tisane, fromage, volailles, pain…).

♥ Quartier général des associations

Au cinéma Le Régent à Saint- Gaudens (France), les associations disposent d’une boîte aux lettres dans le hall et peuvent organiser leurs réunions dans le lieu. Un moyen pour le cinéma de tisser des liens avec le milieu associatif.